Tiré du livre d’or des âmes du Purgatoire, par M.-J.-S. Benoît de J., prêtre (Montréal, 1925)
« Ce volume, contient (…) cent cinquante récits de merveilleuses apparitions des âmes du purgatoire. Tous ces traits extraordinaires ont été tirés des écrits de maîtres très renommés de la vie spirituelle. »


Cent quatorzième apparition : Peu vont au Ciel sans aller d’abord au purgatoire (suite 2)
Souvent les justes, ornés des plus belles vertus, ont besoin d’aller au purgatoire, avant de monter au ciel. Voici encore un trait de plus, qui le prouve. Cornélie Lampoguana, dame de Milan, s’était liée d’une étroite amitié avec une religieuse dominicaine. Elles se promirent que, si Dieu le voulait, la première qui mourrait apparaîtrait à l’autre. Cinq ans après, Cornélie mourut. Au bout de quelque temps, la sœur appeler. Reconnaissant aussitôt la voix, elle éprouva une grande joie et s’écria : « C’est vous, Madame Cornélie ? Oh ! que je suis heureuse de vous voir ! Dites-moi vite si vous avez le bonheur d’être au ciel. – Pas encore, répondit la dame. » Et elle ajouta : « Oh ! combien les jugements de Dieu sont différents de ceux des hommes ! Je suis retenue dans le purgatoire, et j’y dois rester encore quelque temps, afin d’expier les fautes de ma vie. Cependant, mon supplice sera bientôt terminé. Venez avec moi, vous verrez des choses merveilleuses.” A peine eurent-elles fait quelques pas, qu’elles se trouvèrent dans un grand jardin, où l’on ne voyait que des vignes en fleurs, et sur leurs feuilles, des lettres imprimées. « Lisez ces feuilles », dit l’apparition. La sœur se penche, assemble les lettres, et trouve écrits tous ses défauts, dans lesquels elle tombait chaque jour, par fragilité. Étonnée de cette merveille, elle se demandait pourquoi cette accusation écrite sur des feuilles. « Il n’y a point à vous étonner ainsi, ma sœur, dit la défunte. Avez-vous oublié que le Sauveur a dit qu’il était la vigne et que, nous, nous en étions les branches ? Les feuilles sont nos actions, dans lesquelles reste le bien ou le mal qui les ont accompagnées ou inspirées. Pour entrer au ciel, il faut que les feuilles du mal soient purifiées. Regardez de près, ma sœur, vous verrez qu’il ne vous reste que peu à effacer. Vos manquements sont encore nombreux ; mais il ne le sont pas autant que les miens. Vous allez en voir une image tout de suite. » Elles firent encore quelques pas en avant, et arrivèrent à un autre jardin, rempli également de vignes, dont les branches s’étendaient de tous côtés et couvraient le sol. La religieuse s’approcha avec empressement pour lire les feuilles ; mais l’âme la retint : « Arrêtez, lui dit-elle, car le Seigneur ne veut pas que vous découvriez tout de suite mes fautes envers lui ; il m’épargne cette humiliation. Lisez seulement ce qui est tout près de vous. » Elle le fit, et trouva les manquements qu’elle avait faits à l’église : irrévérences, paroles inutiles, etc. « Ô bon Jésus, s’écria la sœur, d’où vient tant de fautes ? Pourquoi, après tant de communions, de confessions, d’indulgences, etc., restent-elles encore pour vous accuser ? – De ces indulgences, répondit la défunte, je n’en ai gagné que trois ou quatre, à cause de mon manque de ferveur. Mais j’ai confiance dans mon doux Sauveur, qui me console souvent par la vue de mon ange gardien. Ce fidèle ami m’obtiendra de précieux secours, et, bientôt, je serai réunie à Jésus et à Marie. » La vision disparut après ces paroles, en ajoutant : « Priez pour moi, et que la paix soit avec vous ! » Comme la religieuse ne savait que croire de ce qu’elle avait vu, le lendemain, Cornélie vint encore la trouver et lui dit : « Ce que vous avez vu et entendu hier est véritable. Je suis vraiment Cornélie, et c’est pour accomplir la promesse que nous nous sommes faite à l’église, que je suis venue vous trouver. Je vous conjure de dire trois Salve Regina, et de les faire dire aux religieuses de votre couvent, en l’honneur de la pureté, de l’obéissance et de l’humilité de la divine Marie. Elle daigne venir me visiter chaque jour, et m’encourage dans mes peines, qui vont prendre fin. » Le jour de l’Assomption, elle se fit voir de nouveau toute triomphante, dépouillée de ses anciens vêtements de deuil, comme baignée dans une ineffable lumière. Elle était enfin admise en paradis, et son âme débordait de bonheur. Combien nous devons redouter ce jugement incorruptible de Dieu, qui scrute jusqu’aux dernières légèretés, dans les cœurs mêmes qui lui sont le plus unis par la sainteté. Préparons-nous-y donc par une vie vraiment chrétienne. Prions, faisons dire des messes pour les pauvres défunts, qui nous rendront cent pour un.

Jeudi
Seigneur, Dieu tout-puissant,
je vous en conjure par la Chair et le Sang de votre divin Fils Jésus,
que lui-même, la veille de sa douloureuse Passion,
il a donnés en nourriture et en breuvage à ses Apôtres,
et qu’il a laissés à son Église tout entière comme un sacrifice perpétuel
et l’aliment vivifiant de ses fidèles,
délivrez les âmes du purgatoire, et, tout particulièrement,
celle qui a le plus de dévotion à ce mystère,
afin qu’avec votre divin Fils et l’Esprit-Saint
elle vous loue éternellement dans votre gloire Ainsi soit-il.

V/. Donnez-leur, Seigneur, le repos éternel.
R/. Et que la lumière sans fin brille sur eux.
V/. Qu’ils reposent en paix.
R/. Amen.

Publicités

Tiré du livre d’or des âmes du Purgatoire, par M.-J.-S. Benoît de J., prêtre (Montréal, 1925)
« Ce volume, contient (…) cent cinquante récits de merveilleuses apparitions des âmes du purgatoire. Tous ces traits extraordinaires ont été tirés des écrits de maîtres très renommés de la vie spirituelle. »


Cent treizième apparition: Peu vont au Ciel sans aller d’abord au purgatoire (suite)
Don Bernardin de Mendoza avait donné une maison et un beau jardin, situés à Valladolid, pour y fonder un monastère en l’honneur de la Mère de Dieu. Il fit prier sainte Thérèse de venir le bâtir au plus tôt, comme s’il eût eu le pressentiment de sa mort prochaine. Or, cette aumône devait être bien profitable à son âme. Bernardin fut bientôt surpris par une fièvre maligne, qui l’emporta avant même d’avoir pu recevoir les sacrements et d’avoir vu Thérèse. Celle-ci était alors à Alcala. En apprenant cette mort, si rapide, elle se mit à prier pour son bienfaiteur. Notre-Seigneur lui fit connaître que Bernardin était mort en bonnes dispositions, et qu’il serait délivré du purgatoire à la première messe qui serait dite dans le monastère qui devait être bâti sur le terrain qu’il avait donné. Sainte Thérèse partit tout de suite pour Valladolid, afin de commencer la construction de ce monastère ; mais elle fut obligée de s’arrêter à Avila et d’y rester plusieurs jours. Comme elle s’y tenait, un matin, en prière, Notre-Seigneur la pressa lui-même d’aller bâtir le monastère de Valladolid, afin que la pauvre âme fût délivrée au plus tôt. Elle s’y rendit sans retard et fit commencer la construction. Mais, voyant que cela prendrait du temps, elle obtint de l’évêque l’autorisation de construire une petite chapelle temporaire à l’usage de quelques sœurs, qui l’avaient accompagnée. Au bout de quelques jours, le P. Julien y dit la messe. Au moment de donner la sainte communion à Thérèse, il la vit en extase, comme cela arrivait souvent, à ce moment-là. C’était l’âme du défunt, qui lui était apparue inondée de joie divine, brillante comme le soleil, et prenant son vol vers le ciel. Elle ne cessa de bénir le Seigneur pour cette grâce, qui lui était aussi précieuse que si elle eût été faite à elle-même. Voilà comment fut récompensé Bernardin, pour son aumône. S’il nous est possible, faisons-en nous aussi, et nous nous en réjouirons, au moins à notre mort. De plus, prions beaucoup afind’expier nos péchés ici-bas, au lieu d’attendre d’aller s’en faire purifier dans les terribles feux du purgatoire.

Mercredi
Seigneur, Dieu tout-puissant, je vous en conjure
par le Sang précieux que votre Fils Jésus a versé
en portant la croix dans les rues de Jérusalem,
délivrez les âmes du purgatoire
et, en particulier, celle qui est, devant vous, la plus riche en mérites,
afin qu’élevée très haut dans la gloire qu’elle attend,
elle vous loue et vous bénisse dans l’éternité. Ainsi soit-il.

V/. Donnez-leur, Seigneur, le repos éternel.
R/. Et que la lumière sans fin brille sur eux.
V/. Qu’ils reposent en paix.
R/. Amen.

Tiré du livre d’or des âmes du Purgatoire, par M.-J.-S. Benoît de J., prêtre (Montréal, 1925)
« Ce volume, contient (…) cent cinquante récits de merveilleuses apparitions des âmes du purgatoire. Tous ces traits extraordinaires ont été tirés des écrits de maîtres très renommés de la vie spirituelle. »

Centième onzième et cent douzième apparitions : Peu vont au Ciel sans aller d’abord au purgatoire.

Les prières du prophète Élie étaient, au dire de S. Augustin, comme la clef du ciel. Ces mêmes paroles sont à bon droit appliquées à ces chrétiens pleins de charité envers les âmes du purgatoire. Parmi eux, sainte Thérèse doit être placée au premier rang car ses prières en faveur des défunts, avaient une merveilleuse efficacité. Elle raconte elle-même les efforts du démon pour la détourner d’un si charitable exercice. « Un jour, dit-elle, je me retirai dans la chapelle pour y réciter l’office des Morts. A ce moment, parut un monstre horrible, qui se plaça tout à coup sur mon livre, en sorte que je ne pouvais plus lire, ni continuer mes prières. Je me défendis par des signes de croix, et l’esprit maudit se retira par trois fois ; mais il revenait me causer le même trouble, dès que je continuais à lire l’office. Il m’était impossible de l’éloigner, si ce n’est en jetant de l’eau bénite sur le livre et sur lui. Dès que j’en eus jeté, il prit la fuite avec précipitation et me laissa achever mes prières. Je les avais à peine finies, que je vis sortir un certain nombre d’âmes du purgatoire : il ne leur manquait que cet office, et c’est pour cela que le démon jaloux voulait m’empêcher de le dire. De tant d’âmes dont le sort me fut révélé, je n’en vis que trois monter au ciel sans aller au purgatoire. »
Une religieuse de son couvent venait de mourir. Thérèse, empressée de prier pour elle, vit l’âme sortir de l’église et monter droit au paradis. Une autre fois, elle entendait la messe pour un P. jésuite. Tout à coup, elle vit Notre-Seigneur lui-même prendre l’âme de ce père et l’amener avec lui au ciel. Voyant donc ses prières si bien exaucées, Thérèse s’enflammait d’une ardeur nouvelle pour intercéder en faveur des pauvres âmes. De plus, elle mettait tous ses soins à répandre cette dévotion dans les monastères de son ordre.

Mardi
Seigneur, Dieu tout-puissant,
je vous en conjure par le Sang précieux
que votre Fils Jésus a versé dans le couronnement d’épines,
délivrez les âmes du purgatoire
et, en particulier, celle qui devrait, la dernière, sortir de ces souffrances,
afin qu’elle ne doive point attendre si longtemps
pour vous louer et vous bénir dans votre gloire pour l’éternité. Ainsi soit-il.

V/. Donnez-leur, Seigneur, le repos éternel.
R/. Et que la lumière sans fin brille sur eux.
V/. Qu’ils reposent en paix.
R/. Amen.

Tiré du livre d’or des âmes du Purgatoire, par M.-J.-S. Benoît de J., prêtre (Montréal, 1925)
« Ce volume, contient (…) cent cinquante récits de merveilleuses apparitions des âmes du purgatoire. Tous ces traits extraordinaires ont été tirés des écrits de maîtres très renommés de la vie spirituelle. »

Cent huitième apparition : Ne pas négliger les sacrements
Les sacrements sont des réservoirs inépuisables de grâces et de sainteté ; des canaux intarissables de tous les biens spirituels les plus précieux. Ceux qui veulent se sauver, en les négligeant, ressemblent à ces malades insensés, qui veulent se guérir sans prendre de remèdes. L’indifférence envers les sacrements est punie très sévèrement après la mort. En 1589, au monastère de Sainte-Marie-des-Anges, à Florence, mourut une religieuse très estimée de ses sœurs, qui se fit bientôt voir à sainte Madeleine de Pazzi, pour demander d’être secourue dans le rigoureux purgatoire auquel elle était condamnée. La sainte était en prière devant l’autel du Saint-Sacrement, lorsqu’elle aperçut la défunte, agenouillée au milieu de l’église, avec un aspect assez étrange : elle avait un manteau de flammes qui la consumaient, à l’exception de la poitrine, que protégeait un voile pendu à son cou. Madeleine s’étonnait de voir une de ses sœurs dans ce tourment : elle lui demanda ce que cela signifiait : « Je souffre ainsi, lui dit-elle, pour n’avoir pas été assez dévote au Saint-Sacrement, pour avoir communié rarement et avec négligence. Pour cela, la divine justice m’a condamnée à venir, chaque jour, dans l’église du monastère, pour rendre mes devoirs à la sainte Eucharistie ; enfin, j’ai une grande reconnaissance à Dieu, qui m’a donné, en récompense de ma pureté, le voile qui me met la poitrine à l’abri du feu, qui me consume le reste du corps. » Ce récit toucha profondément la sainte, qui se mit à prier, à communier, à faire pénitence pour cette âme, jusqu’à ce qu’il lui fût révélé qu’elle était délivrée. Madeleine racontait souvent ce fait merveilleux, afin d’exciter au zèle pour la sainte communion.

Dimanche
Seigneur, Dieu tout-puissant,
je vous en conjure par le Sang précieux
que votre Fils Jésus a versé au Jardin des Oliviers,
délivrez les âmes du purgatoire
et, en particulier, les plus délaissées de toutes ;
introduisez-les dans votre gloire
pour vous louer et vous bénir dans l’éternité. Ainsi soit-il.

V/. Donnez-leur, Seigneur, le repos éternel.
R/. Et que la lumière sans fin brille sur eux.
V/. Qu’ils reposent en paix.
R/. Amen.

Requiem aeternam dona eis, Domine.

Monsieur l’abbé Isnard – Croix de guerre
Né à Orléans le 14/1/1874, ordonné prêtre à Orléans le 29/6/1899, l’abbé Isnard a été successivement étudiant à Rome (1899-1901), vicaire à Châtillon-Coligny (1901), à saint-Laurent (1902), curé-doyen de Courtenay (1919) et curé de Notre-Dame de Recouvrance (1928). Il était juge synodal et docteur en droit canon. Il est décédé à Chaville (Seine-et-Oise, aujourd’hui 92) le 11/1/1937

Extrait de son nécrologue : « La guerre vint, il partit avec sa classe dans une section d’infirmiers militaires. Il sent qu’il peut se dévouer davantage. Combattant volontaire, il obtient un changement d’affectation et, en qualité d’aumônier, il se donne sans compter, avec sa dignité habituelle et une grande humilité, à ses compagnons d’arme qui admirent son calme, sa réserve et son esprit apostolique ».

Cité à l’ordre du jour : « Au front depuis le début de la guerre, vient d’être l’objet de la belle citation suivante et de recevoir la croix de guerre. Isnard Pierre, versé dans un régiment d’infanterie sur sa demande, d’une haute valeur morale, fait preuve du plus parfait esprit de dévouement, modèle constant pour les hommes qu’il réconforte par son exemple. Vient encore de se surpasser pendant les journées du 14, 15 et 16 novembre 1917, en procédant à l’évacuation de nombreux blessés dans des circonstances particulièrement difficiles – Croix de guerre. »

Monsieur l’abbé Paul Dumuis – Croix de guerre
Né à Orléans le 2/10/1878, l’abbé Dumuis est ordonné le 28/3/1903, et est successivement vicaire à Chaingy (1903), à Recouvrance (1907), à la Cathédrale (1919), et curé de Marcilly-en-Villette (1921). Il avait démissionné pour raisons de santé en 1935. Il est décédé à la maison de Béthanie, à Orléans, le 10/3/1936.

Extrait de son nécrologue :« En 1907 le voici vicaire à Notre-Dame de Recouvrance, et jusqu’à la grande guerre il se dévoue spécialement à la jeunesse bouillante du patronage, qui apprécie comme il convient l’amabilité, l’entrain, l’abnégation du directeur. Mais la guerre vient l’arracher à son ministère : il part comme les autres, et pendant toute la tourmente il se dépense sans compter au soin des blessés. Il ne craint ni danger, ni fatigue : il court partout où le devoir l’appelle ».

Cité à l’ordre du jour :« Paul Dumuis s’est spontanément offert pour participer à des opérations de sauvetage, dans un poste avancé, pendant quatre heures de bombardement. Cette citation comporte la croix de guerre ».

Dimanche 11 novembre : 25ème dimanche après la Pentecôte
(5ème dimanche restant après l’Épiphanie transféré)
A Saint-Martin d’Abbat : Saint Martin, fête patronale

– Orléans : 10h00
– Saint-Martin d’Abbat : 8h15
– Conflans-sur-Loing : 17h30

Textes de la Messe : ici

Pour saint Martin :

Messes de cette semaine
– Lundi : 19h00
– Mardi : 8h00
– Mercredi : 7h30
– Jeudi : 19h00
– Vendredi : 18h00
– Samedi : 11h00

Dimanche 18 novembre : Saint Aignan
Saint Patron du diocèse
– Orléans : 10h00
– Saint-Martin d’Abbat : 8h15
– Conflans-sur-Loing : 10h30

Dimanche 25 novembre : Dernier dimanche après la Pentecôte
– Orléans : 10h00
– Saint-Martin d’Abbat : 8h15
– Conflans-sur-Loing : 17h30

Tiré du livre d’or des âmes du Purgatoire, par M.-J.-S. Benoît de J., prêtre (Montréal, 1925)
« Ce volume, contient (…) cent cinquante récits de merveilleuses apparitions des âmes du purgatoire. Tous ces traits extraordinaires ont été tirés des écrits de maîtres très renommés de la vie spirituelle. »


Cent sixième apparition : Donner aux pauvres, c’est prêter à Dieu.
L’ange Raphaël, envoyé au jeune Tobie, lui recommanda l’aumône et le soin des morts. On lit, à ce sujet, un fait très intéressant, dans les annales des pères Augustins-Déchaussés. Lors de la fondation du couvent de Sainte-Marie, à Anersa, le père Hilarion de Saint-Antoine, religieux de grande vertu, qui présidait aux travaux, s’était retiré dans un hospice, près de l’église de Saint-François, où il célébrait la messe tous les matins. Un jour, un bon laïc, du nom de Jean-Baptiste, employé lui-même à la construction, voulut le servir à l’autel ; il y communia pour les âmes du purgatoire. Hilarion l’invita à son modeste repas, et Jean-Baptiste accepta. Comme il entrait à l’hospice, il trouva, dans la cour intérieure, un jeune homme d’agréable aspect, richement vêtu, qui demanda à parler au P. Hilarion, sur un sujet important. Celui-ci descendit vers lui et le jeune homme lui demanda, pour l’amour de Dieu, de lui donner à manger des aliments de sa table. Cette demande étonna le religieux, parce que celui qui la faisait paraissait plus en état de faire l’aumône que de la demander. Cependant, il courut au panier, où il mettait son pain. Le premier pain qu’il en tira était le meilleur. Il eut la pensée d’en prendre un moins bon, mais il se dit : « Pourquoi ne pas donner celui-ci ? Celui qui donne aux pauvres prête à Dieu. Qui sait si ce beau jeune homme, qui est entré là, toute porte étant fermée, n’est pas un ange de Dieu ? » Il prit donc le plus beau pain, y ajouta la meilleure partie de son repas, et lui envoya le tout, en le faisant prier de l’excuser de ce peu de chose, qui était cependant ce qu’il avait de mieux. Dès que Jean-Baptiste eût porté ces provisions, le père et lui se mirent à dîner ; mais sans manger beaucoup. Ils étaient inquiets, ne comprenant pas comment cet étranger, d’un air si distingué, avait pu entrer dans cette cour parfaitement fermée. « Il est si beau disait le religieux, que ce pourrait être un ange envoyé du ciel. – Et pourquoi, ajoutait Jean-Baptiste, ne serait-ce pas aussi bien une âme du purgatoire ? » Quand on jugea que le jeune homme devait avoir fini de dîner, Jean-Baptiste descendit pour le saluer et s’informer de lui. L’étranger se leva à son approche et lui dit : « Eh bien ! mon frère, rendons grâce à Dieu : récitons un Pater et un Ave en faveur des âmes souffrantes. » Et aussitôt, se mettant à genoux, il joignit les mains, leva les yeux au ciel, et récita ces deux prières avec une admirable piété. Puis il se dirigea vers la porte de la cour. Prenant la main de Jean-Baptiste, il ajouta : « Allez dire au père Hilarion que je suis son père. Qu’il cesse de prier pour moi : je n’ai plus besoin de rien ; je monte au ciel à l’instant même. » Et il s’évanouit, comme un brouillard dissipé par le soleil. Jean-Baptiste restait cloué à sa place, par l’étonnement et l’émotion. Il essaya d’appeler le P. Hilarion ; mais il ne pouvait plus parler. Le religieux, étant descendu voir ce qui pouvait tant le retarder, il le trouva étendu sans connaissance. Il eut bien de la peine à le faire revenir, et ce ne fut pas sans une extrême émotion, qu’il entendit le récit de cette apparition. Avec Jean-Baptiste, il bénit le Dieu de miséricorde, qui avait daigné faire un si consolant miracle, où l’âme de son père s’était fait voir avec quelque chose de la beauté des élus. Quelle fut la joie du P. Hilarion d’avoir été si généreux pour son bien aimé père ! Il conserva précieusement les assiettes dont le défunt s’était servi. Les mêmes chroniques rapportent que la personne qui payait la construction de ce couvent, ayant un fils mourant, on lui fit prendre un léger aliment sur l’une de ces assiettes, et qu’il fut instantanément guéri. Ne succombons pas à la tentation de donner en aumône ce que nous avons de moindre, ou en trop petite quantité. Donner aux pauvres, c’est prêter à Dieu. Imitons le P. Hilarion ; donnons ce que nous avons de mieux ou en quantité suffisante, selon nos moyens, et tôt ou tard, nous nous réjouirons, comme lui, de l’avoir fait. .

Samedi
Seigneur, Dieu tout-puissant,
je vous en conjure par le Sang précieux
que, sous les yeux et à la très grande douleur de sa Mère,
votre divin Fils Jésus a versé de son Cœur,
délivrez les âmes du purgatoire
et, particulièrement, celle qui avait le plus de dévotion à Notre-Dame,
afin qu’elle commence bientôt, dans votre gloire,
à vous louer et à vous bénir en ell
et elle en vous pour l’éternité Ainsi soit-il.

V/. Donnez-leur, Seigneur, le repos éternel.
R/. Et que la lumière sans fin brille sur eux.
V/. Qu’ils reposent en paix.
R/. Amen.